Notre choix, nos contraintes, notre verdict après quelques années d’utilisation.
Quand on décide d’abattre le mur entre la cuisine et le salon, on pense à la lumière, à l’espace, au plan de travail, aux couleurs. Ce qu’on anticipe moins souvent (et qu’on peut regretter de ne pas avoir mieux préparé) c’est la hotte.
Dans notre cas, la cuisine fermée d’origine avait un conduit de cheminée dédié à l’extraction de la hotte, prévu à la construction. Pratique, efficace, invisible. Sauf que ce conduit dictait l’emplacement de la plaque de cuisson. En ouvrant la cuisine sur le salon, cet emplacement se retrouvait en plein milieu de la zone ouverte. Impossible à garder tel quel.
On a donc dû tout repenser : l’emplacement de la plaque, le chemin de l’extraction, et donc le choix de la hotte elle-même. Voilà comment on a tranché.
À lire aussi (c’est notre sujet !) : Comment on a rénové notre cuisine des années 80
💬 L'avis d'Isa
Si vous pouvez faire de l'extraction, faites-le. Le recyclage c'est une solution de repli, pas un choix. J'en avais vu en action chez des proches et la différence sur les odeurs est vraiment notable, surtout dans une cuisine ouverte.
Avant de parler de notre choix, posons les bases simplement.
La hotte à extraction évacue l’air vicié directement vers l’extérieur via un conduit. Odeurs, humidité, graisses en suspension : tout part dehors. C’est le système le plus efficace, de loin. Mais il faut un conduit — et donc soit un existant, soit des travaux.
La hotte à recyclage filtre l’air via des filtres à charbon actif et le renvoie dans la pièce. Pas de conduit, installation simple, pose n’importe où. En contrepartie : l’humidité reste dans la cuisine, et les odeurs sont réduites mais pas supprimées (70 à 80% selon les modèles).
La plupart des hottes du marché fonctionnent dans les deux modes, c’est vous qui choisissez au moment de l’installation. Ce qui change, c’est si vous avez ou non un conduit d’évacuation accessible.
| Critère | Extraction | Recyclage |
|---|---|---|
| Efficacité odeurs | ★★★★★ évacuation quasi totale | ★★★☆☆ 70-80% des odeurs |
| Humidité | Évacuée complètement | Reste dans la pièce |
| Installation | Conduit nécessaire (+150–300 €) | Aucun conduit, plug & play |
| Bruit | Légèrement moins bruyante | Un peu plus bruyante |
| Entretien filtres | Filtre métal lavable lave-vaisselle | Filtre charbon à changer (4 mois) |
| Cuisine ouverte | Recommandée fortement | Limite : odeurs résiduelles |
| Maison individuelle | Idéale si conduit possible | Solution de repli |
| Appartement | Selon configuration | Souvent la seule option |
Dans notre maison de ville des années 70, la cuisine fermée avait trois conduits intégrés dans le conduit de cheminée : un pour le gaz, un pour les fumées, un pour la hotte. Bien pensé pour l’époque mais totalement contraignant au moment de rénover.
En abattant le mur porteur pour ouvrir la cuisine sur le salon, la plaque de cuisson ne pouvait plus rester à son emplacement d’origine. Elle se serait retrouvée en plein milieu de l’espace de vie ouvert, sans mur porteur pour appuyer un coffrage, sans logique de circulation.
On a donc repositionné la plaque sur le mur latéral, ce qui imposait de créer un nouveau chemin d’extraction sur plusieurs mètres, depuis la nouvelle position jusqu’au point de sortie extérieure existant.
C’est le même artisan qui a abattu le mur porteur qui a réalisé le coffrage. Pas un hasard : il connaissait déjà la configuration des lieux et le chemin du conduit existant.
Le principe : un coffrage en placo peint en blanc, qui court le long du mur jusqu’à rejoindre le conduit d’extraction extérieure. En pratique, on ne le voit quasiment pas, il se fond dans la masse des murs blancs et passe pour un simple angle architectural.
Le coût : difficile à isoler précisément car noyé dans un chantier plus large, mais on estime le coffrage seul à environ 200 €. Pas négligeable, mais rapporté à la durée de vie de l’installation et au confort gagné, c’est largement justifié.
💡 Le point technique à ne pas négliger : la découpe du cache du tuyau d'évacuation sur la hotte. L'idéal est d'utiliser un outil rotatif type dremel pour une coupe propre et précise. Soyez rigoureux dans la prise de mesures avant de couper, c'est le seul moment un peu délicat de l'installation.
💬 L'avis d'Isa : On n'a pas hésité longtemps sur le design. Le noir mat sur fond blanc avec le zellige : c'était une évidence. Et à ce prix-là, si on avait eu un problème on aurait pu la changer sans se ruiner. Trois ans après, aucun regret.
L’extraction directe fait vraiment la différence. Quand on fait sauter des légumes ou revenir de l’ail, ça part vite. Pas de traîne dans le salon, pas d’odeur de cuisine qui imprègne le canapé le lendemain.
En revanche, zéro odeur dans une cuisine ouverte sur le salon reste un objectif inatteignable quel que soit le système. C’est inhérent au concept de l’espace ouvert : l’air circule avant même que la hotte n’ait le temps de tout capter. On cuisine très peu frit ou grillé, ce qui aide beaucoup. Pour une cuisine intensive avec fritures et grillades régulières, on serait peut-être moins satisfaits.
⚠️ Si vous cuisinez souvent des fritures, grillades ou plats très odorants dans une cuisine ouverte sur le salon : le recyclage est à exclure, et même l'extraction ne fera pas de miracles. Prévoyez une hotte avec le débit le plus élevé possible.
C’est le point qu’on avait le plus anticipé — et à raison. Une hotte dans une cuisine ouverte, c’est un bruit dans le salon.
En position 1 : tout à fait gérable. On peut tenir une conversation normale, écouter la radio, regarder la TV sans hausser le volume. C’est la position qu’on utilise 90% du temps pour une cuisson normale.
En position 2-3-4 : ça monte. Pour les cuissons qui nécessitent plus d’extraction, on doit monter le volume de la TV ou interrompre la conversation. Pas rédhibitoire, mais à prendre en compte si vous regardez souvent des films en cuisinant.
Les boutons tactiles : un vrai plus au quotidien. Un coup d’éponge humide et c’est propre. Pas de boutons en plastique qui accumulent la graisse dans les recoins.
La grille filtre à graisse passe au lave-vaisselle. On la décroche, on la pose dans le lave-vaisselle, c’est réglé. On le fait environ une fois par mois selon l’intensité d’utilisation.
Pas de filtre à charbon à changer : c’est l’un des vrais avantages de l’extraction sur le recyclage qu’on sous-estime. En recyclage, le filtre charbon se change tous les 3-4 mois — coût et contrainte supplémentaires. En extraction : zéro.
Si vous avez la possibilité de faire de l’extraction, soit via un conduit existant, soit en faisant réaliser un coffrage : faites-le.
C’est plus efficace sur les odeurs, moins bruyant à puissance équivalente, et l’entretien est plus simple (pas de filtre charbon à changer).
Le coffrage représente un surcoût (~200-300 €), mais rapporté à 10-15 ans d’utilisation, c’est dérisoire. Et esthétiquement, si c’est bien fait, ça se fond complètement dans les murs.
Le recyclage reste une solution valable si vous n’avez vraiment pas d’autre option (appartement au centre, cuisine centrale sans accès mur extérieur). Mais en maison individuelle avec un minimum de possibilités, c’est une solution de dernier recours.
Le cas particulier de la cuisine ouverte : c’est justement là que l’extraction fait le plus la différence. Avec un recyclage, les odeurs résiduelles ont tendance à se diffuser dans tout l’espace de vie. Avec une extraction bien dimensionnée, elles sont captées plus facilement avant de se propager.
Si vous repensez aussi votre plan de travail en même temps que la hotte, on a fait le tour complet des matériaux envisagés dans notre comparatif des plans de cuisine.
💬 L'avis d'Isa : Trois ans après, on ne regrette absolument pas d'avoir fait ce coffrage. Le rendu est propre, la hotte est efficace, et l'entretien est minimal. Le seul point à anticiper : le bruit en position haute dans un espace ouvert. Position 1 au quotidien, c'est parfait.